Daudelin Charles

Après la génération des Alfred Laliberté, Aurèle Defoy-Suzor-Côté, dont les oeuvres ont surtout été rattachées au patrimoine, il est rafraichissant de trouver un Charles Daudelin dont le talent a marqué dès les années ‘60, le renouveau de la sculpture québécoise. Le monumental bronze du Centre national des Arts d’Ottawa, élaboré à partir de morceaux de styrofoam découpés, façonnés à la torche d’acétylène et dont l’ombre projetée sur le dos de la salle d’opéra n’est pas sans nous faire penser au célèbre “Oiseau de feu” de Stravinsky.

Daudelin a surtout été un sculpteur urbain. De nombreux sites publics tant au Québec qu’à l’étranger témoignent de son grand talent. Le majestueux Retable de la Chapelle du Sacré-Coeur de l’Église Notre-Dame de Montréal, l’Embâcle de la Place du Québec à Paris et l’Éclatement II de la Gare du Palais dans le Vieux-Québec en sont de bons exemples.

En tant que galeriste, j’ai eu le grand privilège de me voir confier par l’artiste plusieurs de ses sculptures d’intérieur ou sculptures-objets. Malgré leur échelle réduite, ces petites sculptures ont la même présence et la même force que les monumentales. J’ai toujours un immense plaisir à promouvoir ces pièces plus intimes auprès de ma clientèle de collectionneurs. Ces sculptures-objets sont plus rares, l’artiste s’étant concentré surtout sur des oeuvres d’environnement urbain.

On se souviendra de Charles Daudelin comme d’un “grand” artiste. Il a laissé une marque indélébile dans l’histoire de l’art du XXe siècle et sa mémoire est inscrite à jamais dans la pérennité du bronze au grand bénéfice de la postérité.